Nourrie par son long passé en tant qu’éducatrice dans les institutions
pénitentiaires, Jane Sautière dresse avec Fragmentation d’un lieu commun
un état des lieux sensible et percutant de la vie carcérale.
Loin de tout misérabilisme, il s’agit de regarder en face et de ne rien
lâcher de son humanité ni de ses convictions face à des situations
qui dépassent le malheur commun. Il faut dire, donner forme
et cohérence à des rencontres ou des histoires trop fortes. Il faut
comprendre, soutenir, ne pas juger ceux et celles qui racontent.
« Etre là c’est le moins facile. Etre là face à face. Il y a de beaux regards,
yeux dans les yeux, ces histoires qui se déplient, ces visages qui prennent
figure. Ces silences qui sont comme un repos. »
Pour transmettre dans sa pleine mesure toute la complexité
et la beauté du témoignage de Jane Sautière, il nous a fallu
deux interprètes, deux femmes, une comédienne et une danseuse,
se faisant passeur, luttant avec le même désir, écartelées
entre l’urgence et l’incapacité de dire.